En 2024, 1,1 million de mètres cubes de grumes, d'une valeur de 325,5 millions de dollars américains, ont été exportés illégalement du bassin du Congo vers la Chine.

La poursuite des exportations de grumes – en violation des interdictions d'exportation en vigueur dans la région – sape l'économie régionale, met en péril les forêts du bassin du Congo et pose des défis de gouvernance pour le secteur.

Photo: EIA US

  • Interdiction totale d'exporter des grumes : toutes les exportations de grumes depuis le pays sont illégales en vertu de la loi

  • En transition : le pays s'est engagé à respecter l'échéance fixée par la CEMAC pour 2028 concernant l'introduction d'une interdiction totale d'exportation de grumes, ou a déjà adopté des lois limitant les essences ou le volume de grumes pouvant être légalement exportée

Data Source: Trade Data Monitor

L'exploitation forestière illégale est l'un des principaux facteurs de déforestation et de dégradation des forêts dans la région. Des études ont montré que les pires acteurs du secteur de l'exploitation forestière industrielle du bassin du Congo dépendent fortement des exportations de grumes, et que la mise en œuvre d'une interdiction d'exportation de grumes constitue un outil politique essentiel pour lutter contre l'exploitation forestière illégale

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L'exportation de grumes du bassin du Congo perpétue l'extraction de matières premières non transformées d'Afrique à des fins d'exportation. Dans l'ensemble du bassin du Congo, plusieurs pays ont adopté ou mettent progressivement en œuvre des interdictions d'exportation de grumes, qui exigent la transformation locale de tout le bois avant son exportation. En 2024, le gouvernement de la RDC s'est joint aux six États de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale pour annoncer une interdiction régionale d'exportation de grumes qui entrerait en vigueur le 1er janvier 2028. Mais les données sur les importations montrent que la mise en œuvre est en retard par rapport à la politique dans la région, les exportations illégales se poursuivant même dans les pays ayant instauré une interdiction totale d'exportation de grumes.

Photo: EIA US

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Congo Basin Countries

Cameroun (interdiction partielle)

Le Cameroun applique actuellement une interdiction d'exportation de grumes pour 76 espèces, tandis que les exportations de grumes sont autorisées pour 28 autres espèces, sous réserve de restrictions de volume.

République du Congo (interdiction totale)

République démocratique du Congo (interdiction partielle)

La RDC a adopté une interdiction d'exportation de grumes dans son code forestier de 2002, mais n'a à ce jour pas publié de règlements d'application permettant de faire respecter cette interdiction. L'interdiction prévoit également une période de 10 ans au début des opérations pendant laquelle une entreprise peut exporter jusqu'à 30 % de sa production en volume sous forme de grumes.

République centrafricaine (interdiction partielle)

En République centrafricaine, la loi impose aux exploitants forestiers de transformer localement 70 % de leur production. Pour se conformer à la décision de la CEMAC, les autorités ont procédé à un réajustement comme suit : 80 % en 2025, 90 % en 2026, 95 % en 2027 et 100 % en 2028 ; certaines entreprises forestières s'efforcent de transformer l'intégralité de leur production d'ici cette date.

Guinée équatoriale (Interdiction totale)

Gabon (interdiction totale)

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